Canal du midi : Voguer sans permis

Être capitaine pendant une semaine et naviguer sans soucis sur cette voie d'eau mythique, est une belle aventure ! Narbonne, un dimanche après-midi. L'équipe de la base locale de la compagnie Le Boat accueille les «équipages » des différents bateaux qui vont naviguer pendant une semaine sur le Canal du Midi, ouvrage faisant partie du patrimoine mondial de l'Unesco.

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Avec une envie folle de larguer les amarres mais aussi une bonne dose d’appréhension (comment maîtriser ce grand bateau ?) nous embarquons sur le bateau qui nous servira de maison flottante pendant une semaine et qui porte bien son nom: le Magnifique.

Chaque cabine a sa propre petite salle d’eau, linges de lit et de toilette sont fournis, la cuisine est fonctionnelle et bien équipée. A peine les victuailles pour les premiers jours (on ne sait jamais si on va trouver des épiceries ouvertes) rangées dans la petite cuisine, que l’instructeur monte à bord pour les explications.

Moteur, pompes, électricité, le maniement des écluses ; tout est passé en revue avant que les matelots d’eau douce ne se retrouvent sur le pont pour apprendre à faire les nœuds : une boucle, un huit et ça y est ; plus le bateau tire, plus le nœud bloque. Pas trop difficile. C’est là que le technicien allume le moteur pour la leçon de navigation et de manœuvres… Avant, arrière, demi-tour, cela n’a pas l’air trop compliqué.

Après un « bon voyage, vous verrez, c’est super », le technicien quitte le bord… Nous voici seuls… À qui le premier tour à la barre ? Les débuts sont un peu délicats : pas évident de maintenir le bateau droit. Il ne se pilote pas comme une voiture  le temps de réaction est bien plus long et en tant que capitaine néophyte, impatient et anxieux, j’ai tendance à donner trop de coups de barre. Vite, vite, il faut contre-braquer pour éviter au bateau de faire un tête-à-queue !

La première écluse

À peine la conduite droite maîtrisée, la première écluse se profile. Elle est automatique, donc à nous de la faire fonctionner. Réduire la vitesse, approcher de la rive pour permettre à deux «matelots » de sauter à terre : ils vont appuyer sur le bouton qui va actionner l’écluse et attraper les cordes pour amarrer le bateau. En attendant le feu vert, j’essaye de mettre son bateau dans l’axe. Pas toujours évident, surtout quand un petit cours d’eau qui rentre dans le canal le repousse sans cesse. Une fois dans l’écluse, il faut lancer la corde de devant et de l’arrière aux deux «matelots ». Déjà les portes de l’écluse se ferment et l’eau rentre à flot. Impressionnant ! Il faut constamment tendre les cordes pour éviter au bateau d’être ballotté et de danser une gigue folle.

Sur ce tronçon, entre Narbonne et Trèbes, les écluses s’enchaînent. Sur la première partie, il y en a tous les 600 ou 700 m et les deux préposés aux cordes finissent par emprunter le chemin de halage au pas de course : lorsque j’arrive avec le bateau, je n’ai plus qu’à entrer dans l’écluse. À chaque écluse, une nouvelle découverte nous attend, surtout lorsqu’elles sont habitées. Les éclusiers soignent des petits jardins, des massifs de fleurs ; d’autres exposent leurs sculptures, vendent les fruits de leur verger, expliquent volontiers leur travail. « On ne fait pas qu’appuyer sur des boutons ! Les mois d’hiver, lorsqu’il n’y a pas de navigation sur le canal, nous entretenons les berges, réparons… ».

Chaque membre de l’équipage trouve rapidement ses marques et même les manoeuvres du bateau, lorsqu’il s’agit de s’amarrer, se font sans trop de difficultés. Le voyage se poursuit paisiblement, à un rythme lent, loin du stress quotidien. Un pur bonheur !

Informations utiles

Compagnie Le Boat

Avec quelque 1000 bateaux et péniches de location sans permis, 40 bases de départ dans huit pays, Le Boat se positionne comme le premier loueur de bateaux en Europe.

Le Grand Bassin
11492 Castelnaudary
tél. : 04.68.94.42.40
www.leboat.fr