Le monde caché de l'Anjou

Merveilles souterraines. Au cœur de l'Anjou, tout un univers fantastique se cache sous terre, les troglodytes. Dans des galeries qui courent sur un millier de kilomètres, des ateliers d'artistes, des restaurants, des caves à vins, des champignonnières, des hôtels et même un zoo sont des sites insolites à visiter.

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Drôle de région ! Connue pour ses vins – 20 000 ha de vignes -, ses jardins et pépinières, ses abbayes et châteaux, elle cache de véritables trésors dans ses souterrains. L'extraction des belles pierres de tuffeau qui servait à la construction des châteaux de la Loire, a laissé de vastes galeries souterraines.

Ces grandes pièces sous terre, ont servi d'abri aux gens en temps de guerre, de salles de culture pour les champignons, de caves de stockage pour le vin, d'habitation aussi. Aujourd'hui, on y trouve des ateliers d'artistes, des espaces d'exposition, des chambres d'hôtes originales, un hôtel, des restaurants.
Dans la plaine ou au cœur du coteau saumurois, les « troglos » sont partout. En plaine, les paysans ont creusé le sol pour en extraire le « falun », un sédiment marin utilisé pour fertiliser les champs. N'hésitez pas à jeter un regard par-dessus murets et clôtures pour découvrir, en contrebas, les accès à des fermes et maisons construites sous les champs. Le plus bel exemple se trouve dans le village de Rochemenier.

Mystères des Faluns

Pour mieux comprendre la création de ce monde souterrain, direction Doué-la-Fontaine et son site des Perrières. Les anciennes carrières, creusées au XVIIIe siècle, ont créé des salles immenses. Un parcours scénographique, « Le mystère des faluns », fait de la visite un moment inoubliable et impressionnant.

C'est un voyage imaginaire dans un passé lointain, entre rêve et réalité scientifique. Magique !
Plus « intime », le site « Troglodytes & Sarcophages ». En compagnie de Philippe, on part à la découverte des fortifications souterraines qui ont permis aux habitants de se cacher des Vikings. Au fil de la visite, les travaux de déblaiement ont permis de dégager les vestiges d'une chapelle, des caves « cathédrales », un abri de la dernière guerre et, surtout, cette ancienne carrière mérovingienne du Ve siècle, où l'on fabriquait des sarcophages monolithes !

Des pierres et des champignons

Changement de décor à Turquant, joli village qui a su tirer profit de son patrimoine troglodytique. Les galeries creusées dans le coteau qui surplombe la Loire, abritent des ateliers d'artisans d'art, des restaurants.
Une autre merveille se trouve dans des galeries troglodytes à Saumur.

C'est un parc miniature qui présente quelques-uns des joyaux du Val de Loire sculptés dans la pierre de tuffeau. Châteaux, abbayes, églises et villages sont représentés dans les moindres détails. Des centaines de tonnes de pierre ont ainsi été tronçonnées, taillées, ciselées.

Dans une galerie voisine, c'est un autre monde qui étonne : celui des champignons. On y cultive des champignons de Paris, des pleurotes, le shiitaké, le pied-bleu et autres coprin chevelu. Plusieurs restaurants troglodytiques cultivent d'ailleurs des champignons de Paris. Impossible de faire plus frais !

Forteresse et habitations

Des milliers de kilomètres de souterrains parcourent la plaine et le coteau saumurois. Les habitations et caves qui ont été aménagées, ont abrité aussi bien des paysans que des seigneurs. Sous le château de Brézé s'étend la plus grande structure seigneuriale souterraine d'Europe avec des douves et tout un réseau de salles.

À la fin du XVIIIe siècle, près de la moitié de la population du sud saumurois vivait sous terre ! Mais au XIXe, ces habitations ont été abandonnées : pas assez chics, pas assez confortable mon fils...
Depuis les années 1980, l'habitat troglodytique revient à la mode. Vivre dans ces espaces qui semblent posséder une vie propre, adapter l'aménagement aux courbes de la pierre, a quelque chose d'insolite mais aussi un charme fou. On goûte le silence, en songeant aux hommes qui ont creusé ces galeries, pour vivre hors du temps. On s'accommode alors volontiers de la fine poussière qui se dégage de la roche, parfois de l'humidité qui nécessite un bon système d'aération. Une découverte insoupçonnée et formidable !

BIOPARC : Un refuge pour espèces menacées

Des falaises, une végétation luxuriante, des animaux sauvages. Embarquez pour un safari à pied dans un incroyable espace de vie creusé dans la terre. Depuis l'entrée, on cherche en vain des enclos animaliers. C'est tout juste qu'on ne se moque pas des allures africaines que se donne la boutique du zoo. Mais après quelques pas à peine, on oublie tous ses préjugés pour plonger au cœur de ce parc privé où les animaux peuvent se croire (presque) dans leur milieu naturel.

Pour les visiteurs, c'est le début d'un formidable safari à pieds. Un chemin descend au cœur des anciennes carrières d'extraction de pierre coquillière, un site troglodytique à ciel ouvert. Ce sont les îlots et espaces créés par les carrières qui forment les vastes enclos où cohabitent les différentes espèces d'animaux, un peu comme dans la nature, même si les tigres de Sumatra et les panthères du Sri Lanka n'ont pas accès au sanctuaire des okapis ! À la sortie de chaque passage souterrain, c'est un autre monde qui s'offre aux yeux des visiteurs avec des animaux rares comme les okapis justement ou les pandas roux. Des cascades, des cours d'eau, des espaces boisés, une végétation parfois exubérante créent le dépaysement. Tout comme les sculptures réalisées dans des essences de bois aussi surprenantes que des racines de litchi. Elles sont l'œuvre d'artistes invités régulièrement et qui viennent des pays où le Bioparc intervient dans la protection de la nature et des animaux.

Condor des Andes et loge safari

La « carrière » la plus impressionnante ? Incontestablement la grande volière sud-américaine, probablement unique en Europe. 500 oiseaux représentant 30 espèces s'ébattent en (quasi) toute liberté dans cet espace d'un hectare couvert d'un filet à 20mètres du sol. Même les condors des Andes ont assez de place pour y voler ! Des perroquets observent d'un œil suspicieux les visiteurs qui passent à côté de leurs nids qu'ils ont creusé dans la roche. Et lorsqu'un vautour plane au-dessus de votre tête, vous ne seriez pas étonné de voir surgir un cowboy de derrière les falaises....

Après tant d'émotions, il est temps de rejoindre le restaurant principal dont l'aménagement est digne d'un film d'explorateur. En observant depuis sa terrasse le camp des girafes, on se sent définitivement dans le film Out of Africa ! Ce « parc de la vie » a été créé en 1961 par Louis Gray. Son fils Pierre et son petit-fils François perpétuent son investissement dans la protection des milieux naturels et les espèces qui y vivent. Plusieurs « projets nature » sont ainsi menés dans le monde entier.

À bicyclette dans les caves de la maison Bouvet-Ladubay

Les domaines viticoles ne manquent pas dans le Val de Loire. Bouvet-Ladubay était la première maison productrice de vins effervescents de méthode traditionnelle à Saumur. Une petite visite dégustation s'impose donc. D'autant que le cœur du domaine bat dans la « cathédrale engloutie », creusée il y a mille ans par des moines dans le tuffeau pour construire l'abbaye « La Belle d'Anjou ».

Pour découvrir ces vastes caves avec ses sculptures monumentales, rien de tel que le... vélo ! Rien d'étonnant : le fondateur de la maison, Étienne Bouvet, avait contribué à la création du vélodrome de Saumur à la fin du XIXe siècle. Pas besoin de venir avec votre deux-roues, la Maison met à disposition des vélos vintage. Au long d'une balade ludique de cinq kilomètres, on apprend tout sur la production du vin effervescent – que l'on dégustera après la visite.

Galerie photos

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Infos

Un troglo-hôtel

Pour accéder à cet incroyable hôtel on... descend. Comme beaucoup d'habitations à Rochemenier, l'établissement se situe sous terre. Depuis la vaste cour ouverte, on pénètre dans le foyer. Un soupçon d'air humide rappelle où l'on se trouve !

Toutes les chambres sont aménagées dans la roche. Les claustrophobes opteront pour une pièce qui donne sur la cour et qui profite donc de la lumière du jour. Toutes ont la pierre coquillière comme plafond !

On profite du séjour pour goûter un repas typique servi dans les Caves de la Genevraie : un menu « fouace », ces petits pains cuits par le maître des lieux et fourrés au fil de la soirée de champignons, de rillettes d'Anjou, de haricots blancs rillauds et de fromage. Une belle expérience troglodytique !

Rocaminori, Troglo Hôtel, 13 rue du Musée, 49700 Louresse-Rochemenier

Renseignements au 02 41 50 03 12 ou sur le site internet www.rocaminori-hotel.fr

Bioparc

103 rue de Cholet, Douéla-Fontaine (41 km d'Anger, 17 km de Saumur).
Ouvert du 7 février au1er novembre inclus.
De 9 h à 19 h 30 en juillet/août, 19 h en septembre,
10 h à 18 h 30 en octobre
(à 18 h au changement d'heure).
Tarifs : 19,90 €, 14,50 € (3 à 10 ans).
Tél. : 02 41 59 18 58, www.bioparc-zoo.fr

 

Bouvet-Ladubay

Saint-Hilaire-Saint-Florent, 49400 Saumur.
Renseignements au 02 41 83 83 83 ou sur www.bouvet-ladubay.fr