Inde du Nord - Le Temple d’or à Amritsar dans l’état du Penjab en Inde

L’Inde ressemble à un immense kaléidoscope, coloré et épicé. Des couleurs éclatantes qui adoucissent la pauvreté, des épices qui parfument la vie mais qui peuvent parfois piquer la curiosité du voyageur.

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Dans les états les plus reculés de l’Inde, un riche patrimoine culturel et architectural surprend le voyageur qui ne se contente pas de suivre les circuits traditionnels proposés par les voyagistes. Certes, il faut parcourir de grandes distances, en train ou en avion, pour pouvoir contempler ces merveilles, mais cela en vaut la peine.
Un des plus beaux temples se trouve dans l’État du Penjab, dans le nord-ouest de l’Inde. Pour y aller, nous avons pris un vol intérieur depuis Delhi.

Amritsar, le temple d'or abrite le livre saint des Sikhs, "Guru Granth Sahib".

La beauté de ce temple n’est pas due uniquement à son architecture mais à l’ambiance qui règne sur ce site, le lieu le plus saint du Sikhisme, une religion présente principalement dans cette région et qui combat les inégalités raciales et sociales. La sérénité y règne malgré une opération militaire en 1984. Un massacre qui a entraîné l’assassinat d’Indira Gandhi.

Tout le monde est le bienvenu, sans distinction. Contrairement à la plupart des autres sites, l’accès au Temple d’or est gratuit. Par respect pour les Sikhs qui recouvrent leurs cheveux par un turban (pour les hommes) ou un voile, chaque visiteur noue un foulard orange sur sa tête. Nous aussi.

 

Notre guide Danveer Singh Baydi (Dadou) nous équipe pour notre visite.
Devant le temple d'or à Amritsar, rencontre avec un dignitaire Sikh.

Plus rien ne  nous empêche alors de rejoindre la foule qui déambule autour du bassin contenant le « nectar »,l’Amrit Sarovar, qui a donné son nom à la ville.

Amritsar, le temple d'or.

Des gens se plongent dans l’eau miraculeuse,  prélèvent l’eau sacrée qui guérirait tous les maux.

Amritsar, un pèlerin se purifie dans le bassin sacré.

On accède au bassin par quatre entrées, ce qui signifie qu’il est ouvert à tous les peuples et toutes les croyances. C’est une des caractéristiques de la religion sikh, la tolérance et l’ouverture aux autres, dans laquelle se reflète le sanctuaire.

Marbre blanc, façades incrustées de nacre, de pierres semi-précieuses, dômes revêtus d’or.
Comme il y avait une longue queue pour pénétrer dans le sanctuaire où l’on peut voir le livre sacré, nous avons préféré explorer les autres bâtiments comme les cuisines du site.

 

Amitsar, les sikhs se pressent pour voir le livre sacré.

Chaque jour, un véritable miracle s’y produit : la préparation d’au moins 25 000 repas (certains avancent même le chiffre de 100 000 !) distribués gratuitement à tous les visiteurs. Des gens viennent bénévolement pour donner un peu de leur temps : distribuer la vaisselle, faire la plonge.

 

Des groupes émincent de l’ail, des oignons en quantité industrielle.

 

D’autres préparent des boulettes.

 

Légumes, potage et riz mijotent dans des chaudrons gigantesques.

 

Des quantités astronomiques de naans, des galettes indiennes, sont préparées. Chacun est invité à participer et j’ai badigeonné des quantités de galette de beurre. Une belle façon de partager, de communiquer sans beaucoup de paroles.

 

La distribution des repas se fait de façon très organisée et très disciplinée. Les gens entrent dans la grande en file indienne pour s’asseoir sur des nattes. Des bénévoles passent distribuer la nourriture. Les assiettes vidées, les gens ressortent de façon tout aussi disciplinée et d’autres bénévoles balayent avant l’arrivée des prochains.

 

C’est un spectacle ahurissant et extrêmement bien rodé !
Il y a bien sûr des milliers de pèlerins sikhs qui viennent se recueillir sur le site, mais également beaucoup d’hindous et de musulmans.

Les touristes européens sont encore rares. C’est un endroit hors du temps, imprégné de spiritualité sereine et on pourrait s’y promener toute la journée…
On a du mal à quitter ce lieu haut en couleur, où règne la  bienveillance.

 

Avant de retrouver notre mini-bus, nous faisons un petit tour dans la ville d’Amritsar. Les rues menant vers le temple d’or ont été rénovées, les monuments mis en valeur, des magasins proposent souvenirs et tissus chatoyants.

Dans les ruelles, c’est la vie « ordinaire » qui pulse.

Amritsar, tri sélectif. La dame est payée au poids de plastique trié.
Amritsar, tri sélectif du papier.

Il reste encore beaucoup de travaux à faire

Devoir de mémoire oblige, notre guide nous entraîne vers le jardin Jalianwalla Bagh : c’est ici qu’un autre massacre terrible a eu lieu.

Le 13 avril 1919, après plusieurs jours de violences meurtrières contre des civils européens, le gouverneur britannique ordonne une intervention militaire lors d’un rassemblent dans ce jardin. Des centaines de morts, plus de mille blessés…Le jardin étant en travaux, nous ne nous attardons pas dans ce lieu marqué par la terreur.

Mémorial aux martyres à l'extérieur du parc.

Le cœur lourd, nous prenons la route pour assister à un autre spectacle, la relève de la garde à Wagah, unique poste-frontière terrestre entre l’Inde et le Pakistan.

Chaque soir, s’y déroule un spectacle assez ahurissant avant la fermeture de la frontière pour la nuit. Des deux côtés de la frontière, on se croirait dans un stade de foot avec une foule complètement survoltée.

 

Des « chauffeurs de salle » haranguent les spectateurs pour faire naître une fièvre patriotique. C’est un peu à qui crie le plus fort…

 

Puis, des gardes-frontières des deux côtés, adoptent des attitudes martiales et menaçantes avant de se serrer la main, la descente des drapeaux et la fermeture de la frontière pour la nuit. Attention : ils doivent toujours être à la même hauteur.

 

Un spectacle qui nous a plus moyennement, surtout quand on sait que les relations entre les deux pays peuvent être très tendues.  Mais comme nous étions sur place, je voulais voir…

Après avoir quitté l’ambiance paisible du temple d’or, ce spectacle fait partie des « épices qui piquent »…
Nous avons pris l’avion pour retourner à Delhi pour la suite de notre voyage.