Fastnacht (6) - Le sculpteur de masques

Sorcières, hommes sauvages, démons, animaux fantastiques et autres drôles de personnages qui déambulent tout au long de la Fasnacht dans les rues badoises, portent la signature de Wolfgang Ducksch, sculpteur de masques.

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Cela fait plus de 30 ans qu’il donne donne vie à des personnages emblématiques du carnaval alémanique. Dans son petit atelier à Oberkirch, les carnavaliers du Bade-Wurtemberg mais aussi d’Alsace viennent commander leurs précieux masques.

S’il a de tout temps sculpté des masques de carnaval, le maître artisan est spécialisé dans la copie et la restauration de statues anciennes. Mais depuis plusieurs années, les commandes de statues se font plus rares. » Et plus personne ne veut des crèches de Noël», regrette le sculpteur.

Dans sa boutique, des démons côtoient des saints, des visages souriants des gueules d’animaux.

« Les visages sont fascinants, ceux des personnages aussi bien que ceux des animaux. Chaque masque raconte une histoire, une légende qui a mené à la création d’une association. Regardez ces petites briques sur les joues : elles témoignent du passé d’un homme qui a travaillé dans une briqueterie. »

Les têtes de démons remontent à une coutume germanique quand on chassait l’hiver. « Les masques méchants symbolisent l’hiver, les souriants le printemps, le rêve. »

Wolfgang Ducksch ne se contente pas de reproduire fidèlement les masques traditionnels où le moindre détail a son importance.
Il en propose de nouveaux pour des groupes de carnaval qui se constituent. Pour trouver ses idées, il a les sens toujours aux aguets. En discutant avec les futurs carnavaliers, l’idée prend forme.
Des croquis sur papier, puis un prototype en pâte à modeler.

Lorsque sculpteur et clients sont satisfaits du visage imaginaire, Wolfgang peut enfin se mettre à l’œuvre. Dans un bloc de tilleul, ses couteaux de bois taillent d’abord le nez avant de continuer à creuser et dégager une verrue, des rides…

« Le bois de tilleul de la région est parfait, il est tendre, avec très peu de dessin. Pour des grands masques par contre, j’utilise du pin de Weymouth américain. »
Il faut de longues années de formation et de pratique pour faire naître ces visages tellement expressifs qu’on les croirait vivant.