Sarreguemines - La faïence côté jardin

La mémoire de cet art qui a fait prospérer la cité à la confluence de la Blies et de la Sarre, fleurit dans un jardin magique. Tout autour de l'ancien site de production du Moulin de la Blies, une balade enchanteresse fait revivre les sources d'inspiration des dessinateurs.

Publié le

Vous n'appréciez peut-être pas la faïence de Sarreguemines sur votre table. C'est question de goût. Mais que cela ne vous empêche surtout pas de visiter le site du Moulin de la Blies où les fourneaux se sont éteints en 1969. L'an dernier, il est arrivé en 9e position dans l'émission « le monument préféré des Français » sur France 2.
Construit en 1841 sur la Blies, un affluent de la Sarre, il servait à la préparation des pâtes utilisées par les faïenciers.

Des galets provenant de la mer du Nord ont été «blanchis» (calcinés) avant d'être broyés sous les meules de la «wackenmuhle» ou «knochenmuhle» (on y broyait aussi des os à incorporer dans la pâte).

Le grand bâtiment du moulin est devenu un formidable musée des techniques faïencières. L'aménagement donne l'impression que, d'un instant à l'autre, les machines vont se mettre en route, les dessinateurs appliquer les différents motifs. C'est la découverte de toutes les machines et postes de travail nécessaires pour préparer et façonner les pâtes jusqu'à la cuisson du fameux «biscuit», produit céramique cuit à haute température mais pas émaillé...

L'étage est dédié aux techniques de décoration. Des piles d'assiettes à différents stades de réalisation attendent d'être cuites. Au fil de la visite, on découvre les motifs des assiettes de nos grands-mères, comme son précieux service du dimanche au décor « Obernai »
Sur les murs, les portraits d'anciens ouvriers, des témoignages sonores, rendent la visite encore plus vivante. Le grondement des turbines sous la rivière rythme la visite.

Sources d'inspiration

À l'extérieur, sur les friches industrielles, un magnifique jardin évoque toutes les sources d'inspiration des artistes décorateurs : des fleurs et plantes aux couleurs et formes parfois surprenantes.

Deux glycines japonaises forment comme une porte végétale et leurs lourdes grappes de fleurs embaument l'air. Les cerisiers japonais pleureurs dévoilent ses fleurs délicates, la terrasse des pivoines arbustives est éclatante de couleurs.

La balade mène à la découverte de différents espaces thématiques. On aime se perdre dans le labyrinthe minéral et floral des ruines, où la végétation adoucit la dureté du bâti.

S'étonner au jardin aquatique et ses plantes aux grands feuillages comme les gunnères du brésil. Admirer le jardin blanc et ses hydrangées blancs qui s'épanouissent sur l'ancienne tessonnière. La balade passe par un étonnant cimetière des meules, des drôles de tables dressées n'attendent que leurs convives...
D'un espace à l'autre, l'ambiance change et l'amateur averti découvre des essences rares comme le chêne à feuilles de bambou, l'olivier de Bohème, la clématite alionushka ou encore l'arbre à gâteau dont les feuilles en forme de cœur dégagent, en automne, un parfum de caramel brûlé et de pain d'épices.

Même le «potager du directeur» est beau à contempler !
Au fil des saisons, le jardin change de couleurs, dévoilant toujours d'autres merveilles végétales. Visuellement, ce jardin créé par le paysagiste Philippe Niez, est agrandi par la forêt naturelle classée réserve naturelle sur l'autre rive de la Blies, en Allemagne.

Ce magnifique lieu de mémoire fait partie du réseau Jardins sans limites, qui rassemble près d'une vingtaine de jardins à visiter en Moselle (France), en Sarre (Allemagne) et au Luxembourg.

La visite du Moulin de la Blies donne envie d'en savoir plus sur cette fameuse faïence. Direction le centre ville.

Musée de la faïence

On a beau ne pas être fan, la visite du Musée technique et de son jardin incite à aller voir les produits finis. Direction le musée de la Faïence au centre-ville.

Si l'on n'est pas connaisseur, la visite est sympa. Avec un guide (demandez Frédéric !) elle devient passionnante.
Là où l'œil dédaigneux d'un non connaisseur passe sur les paons en majolique (faïence très fine recouverte de glaçures colorées) ou sur les chiens («quel kitch»), Frédéric s'arrête.

En montrant des détails, contant la petite ou la grande histoire des objets, il ouvre le rideau sur un monde méconnu. Toute cette exubérance exotique, avec ses motifs chinois ? «C'est que la vie quotidienne était bien trop banale, on rêvait de contrées lointaines. D'où des représentations de Zeus en train de batifoler, des vues de Pompéi.»

Au fil de la visite, il s'arrête devant les différentes vitrines pour attirer l'attention sur des curiosités comme cette tasse à moustache, la cruche pour faire de l'eau à bulles, une chocolatière. Ou encore ces drôles de pichets anthropomorphes affichant des têtes humoristiques voir caricaturales mais aussi historiques.

«Regardez ces chiens de Fô, gardiens des temples de Bouddha. Ils ne vous évoquent rien ?»..... Pas vraiment, à part qu'ils ne sont pas très beaux avec leur tête de singe, des griffes d'aile et une queue de serpent.... «Pensez aux vieux couples qui n'ont plus rien à se dire et qui se regardent en chien de faïence !»
Au plus tard à partir de ce moment-là, Frédéric a toute l'attention des visiteurs qui s'extasient comme il convient dans le magnifique jardin d'hiver datant de 1880 de Paul de Geiger avec sa fontaine en forme de tête d'éléphant, ses panneaux muraux représentant des vues de Sarreguemines, des niches en grottes décorées de dauphins...

Ils apprennent que les panneaux et carreaux de faïence étaient aussi un moyen de communication. Quant au fameux service « Obernai », il a été créé à Sarreguemines en 1902 par l'illustrateur Henri Loux. Le musée dévoile ses trésors au centre-ville, dans l'ancienne demeure de Paul de Geiger, directeur des faïenceries entre 1871 et 1914. À l'arrière du bâtiment, un ancien four à faïence témoigne de l'époque où une trentaine de ces constructions dressaient leur forme conique.

01Sarguemines050
01Sarguemines051
01Sarguemines052
01Sarguemines054
01Sarguemines053
01Sarguemines055
01Sarguemines056
01Sarguemines057
01Sarguemines058
01Sarguemines060
01Sarguemines059
01Sarguemines062
01Sarguemines061
01Sarguemines063
01Sarguemines064
01Sarguemines065
01Sarguemines066
01Sarguemines067
01Sarguemines068
01Sarguemines069
01Sarguemines070
01Sarguemines071
01Sarguemines073
01Sarguemines072
01Sarguemines076
01Sarguemines075
01Sarguemines076A
01Sarguemines077
01Sarguemines078
01Sarguemines079
01Sarguemines078A
01Sarguemines080
01Sarguemines081
01Sarguemines083
01Sarguemines082
01Sarguemines084
01Sarguemines085
01Sarguemines086

INFOS

Jardin des Faïenciers, Site du Moulin de la Blies, 125 avenue de la Blies, F-57200 Sarreguemines,
ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 18 h
Tarifs : 4 €
Tél. 03 87 98 93 50

Musée de la Faïence

15-17 rue Poincaré, 57 200 Sarreguemines
Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 12 h, 14h à 18 heures
Téléphone : 03 87 98 28 87

www.sarreguemines-museum.eu

Festival Saint-Paul

Un week-end à Sarreguemines ? Sans hésiter ! La ville aux quatre fleurs, située à la confluence de la Sarre et de la Blies, a su marier ses influences alsaciennes, lorraines et germaniques. Plusieurs circuits permettent de découvrir son riche patrimoine culturel et naturel.
Parmi les rendez-vous incontournables, il y a le festival de la Saint-Paul, dédié au saint patron des faïenciers. Cette année, il aura lieu les 27 et 28 juin 2016.
Au programme : arts de rue, concerts, céramistes, spectacle nocturne, espace ludique pour les enfants et, évidemment, un marché des potiers avec des ateliers. L'accès au festival est gratuit.

Samedi 27 juin 2016, de 9h à 22h, dimanche 28 juin de 11h à 19h.

Infos à l'Office de tourisme, tél. 03 87 98 80 81
www.sarreguemines.fr

ou

www.sarreguemines-tourisme.com