Russie, croisière de Moscou à St Petersbourg

Relier les deux capitales mythiques de la Russie par les voies d'eau permet de découvrir plusieurs visages de ce pays envoûtant, loin des sentiers battus. Embarquement sur l'Alexandre Pouchkine pour un périple de 1760 km.

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Nous avons toujours rêvé de visiter Moscou, Saint-Petersbourg, l'île de Kiji. Après un vol sans encombre de Paris à Moscou, nous découvrons notre bateau, l'Alexandre Pouchkine dans le port de Moscou. Accueil traditionnel aux sons de la balalaïka avec du pain et du sel. Sans oublier le petit verre de vodka !
Il flotte comme un petit air de communisme à bord, tout est un peu rigide .... Mais il y a aussi les sourires qui séduisent.

Le lendemain matin, les bus nous attendent pour nous emmener au centre de Moscou. Première question qui se pose : mais d'où vient ce flot incessant de voitures ? Jamais vu autant de grosses berlines et 4x4 non plus, une vieille Lada fait figure de véhicule extraterrestre !

Moscou, c'est un incroyable kaléidoscope de styles d'architecture : des monastères magnifiques, des églises rénovées, des immeubles de l'époque stalinienne, des gratte-ciels contemporains. Ses habitants semblent s'en sortir plutôt bien à la vue de cette jeunesse dorée, des boutiques de luxe, de restaurants gastronomiques et de clubs branchés.

Mais nous voilà sur la Place rouge et les paroles de Gilbert Bécaud nous trottent dans la tête. Sauf que la place n'est pas vide, que notre guide ne s'appelle pas Nathalie et que le fameux Café Pouchkine, ma foi, fut une simple fantaisie de Gilbert Bécaud (il a ouvert des années après la sortie de la chanson. Les bulbes colorées de la basilique Saint-Basile ressemblent à des sucettes géantes, les touristes se pressent pour visiter l'impressionnant mausolée de Lénine.

On visite le Kremlin que l'on arpente en restant sagement sur les trottoirs et les passages cloutés sous peine d'être immédiatement rappelé à l'ordre. Les appareils photos crépitent au passage d'une parade militaire. On plonge dans le métro dont les stations ressemblent à des musées d'art. Les grands magasins Goum surprennent par leurs enseignes de luxe. Pouchkine, Staline, Lénine, l'histoire nous entoure et nous plongeons le nez dans notre guide pour essayer de suivre, de comprendre.

Après deux jours intenses de visite, la navigation commence sur le canal de la Moskava à la Volga. Une croisière qui vit par le contraste du faste des grandes villes et les étendues des paysages le long des voies d'eau. Au fil des jours à venir, nous allons parcourir environ 1760 km, passer 18 écluses pour franchir un dénivelé de 260m et faire plusieurs étapes.

Ouglitch

Notre première halte sera Ouglitch où nous arriverons le lendemain dans l'après-midi. Après la modernité de Moscou, c'est la surprise.

De vieilles Lada ont remplacé les gros 4x4, les bâtiments sont bien plus modestes, de vastes potagers entourent la ville. La visite du petit Kremlin d'Ouglitch est émouvante.

Il y a la ravissante église Saint Dimitri sur le Sang avec ses bulbes tout en bleu, des magnifiques fresques et un sol en ... fonte. Les fresques racontent la triste histoire de l'église érigée pour commémorer l'assassinat du tsarévitch en 1591.

Nous continuons notre visite par le Palais Dimitri, une ancienne église aménagée en musée (un quatuor vocal nous a offert un très beau concert), puis nous passons devant la cathédrale principale de la ville : la cathédrale de la Transfiguration du Sauveur datant du XVIIIe siècle. Notre guide évoque l'époque communiste et n'a pas honte de dire qu'elle regrette par exemple le retour des édifices de culte dans le giron de l'église. C'est aussi l'occasion d'acheter des souvenirs. Seuls les habitants de la petite ville ont le droit de proposer leur marchandise. Mais comme Ouglitch est surtout connu pour sa fabrique de montres, tout le monde se presse pour en acheter.

Après avoir passé l'écluse de Rybinsk, tout le monde rejoint le pont pour immortaliser la statue de la Mère Volga qui, du haut de ses 24 km, veille sur un grand lac artificiel. L'aménagement de cette vaste étendue d'eau (140 km de long et 70 km de large) à nécessité le déplacement de tout un village. Seul la tour de l'ancienne église qui émerge de l'eau témoigne encore de l'ancien de son ancien emplacement.

Nous accostons pour une courte visite de Yaroslav qui a vu naître la première femme cosmonaute, Valentina Terechkova. Visite de l'église Saint Nicolas le thaumaturge, du monastère de la Transfiguration mais aussi d'un immense marché qui tient du zouk avec ses innombrables stands de chaussures et de tee-shirts. La ville semble à la croisée entre la modernité et les traditions. D'un côté, des églises, des monastères, un marché où les Lada font office de magasin de fleurs; de l'autre, des nightclubs clubs et des enseignes occidentales. Insolite : dans l'hôtel de ville à l'architecture très « communiste », un appareil pour lustrer ses chaussures...

Goritsy

Prochaine escale, Goritsy qui dévoile la vie à la campagne : de jolies maisons en bois, mais pas d'eau courante. Tout le monde s'approvisionne à la source près du vieux monastère. Partout, d'immenses potagers, soigneusement entretenus. Cela a l'air idyllique, mais est-ce que nous voudrions y vivre ? Peut-être pas... Dans l'école du village, une salle est réservée au petit musée de la guerre, obligatoire dans chaque école. Le patriotisme n'est pas mort. Dans les échoppes de souvenirs, vêtements en fourrures voisinent avec conserves maison et poissons séchés.

Kiji et Mandroga, coups de cœur.

La croisière nous mène jusqu'en Carélie, en passant par le lac Blanc, le fleuve Kovja et la Vytegra. Le bateau longe des paysages reposants, faits de vastes étendues de forêt avant d'arriver sur le lac Onega et l'ile de Kiji. C'est un endroit magique, habité seulement par une poignée d'artisans. Une grande partie de l'île est un écomusée avec une poignée d'habitants. Lorsque les coupoles de la cathédrale de de la Transfiguration se découpent dans le ciel, on est muet d'admiration. Ici, point d'or mais du bois. 22 bulbes en écaillesde tremble coiffent un édifice tout en bois. Même l'assemblage est fait avec des chevilles de bois.
Des artisans montrent la façon de travailler de l'époque : tisser, tailler des tuiles en bois, broder... Nous visitons une isba paysanne du XXè siècle, un moulin à vent, un sonneur de cloches accueille les visiteurs à la petite chapelle de l'Archange Saint-Michel.

Notre dernière halte avant d'arriver à destination est la presqu'île de Mandroga avec son village d'artisans d'art conçu entièrement pour les ... touristes. Si le village est donc « artificiel », c'est bien ici qu'il faut acheter ses souvenirs. Car les artisans d'art qui animent les belles maisons de Mandroga, créent des objets authentiques à des prix tout à fait corrects : œuvres d'art, vêtements, objets en bois peint, bijoux en bois de bouleau. Les assoiffés font un tour par le musée de la vodka, les rêveurs s'enfoncent dans la forêt de Pouchkine.

 

Saint-Pétersbourg, la merveilleuse

Après une reposante croisière à travers la campagne verdoyante russe, la dernière étape nous ramène dans un monde d'une incroyable splendeur, Saint-Pétersbourg. Du château de Peterhof au bord du golfe de Finlande avec son magnifique parc au musée de l'Ermitage en passant par le palais de Catherine et son légendaire salon d'ambre, sans oublier les églises avec leurs coupoles, c'est une débauche de couleurs, d'or, d'œuvres d'art. La « Venise du nord » est un musée à ciel ouvert. Quel contraste avec les vieux trams qui ne semblent tenir que grâce aux nombreuses couches de peinture. Trois jours de visites qui nous donnent qu'une envie : revenir !

Et c'est déjà la dernière soirée à bord. Au fil de la croisière, les serveuses russes ont appris quelques mots de français, sont devenues plus souriantes. Quant à nous, nous avons acquis quelques rudiments de russe, à déguster la vodka avec un morceau de cornichon. Sans réussir toutefois à percer l'âme russe ! Ce sera pour la prochaine fois !

Informations

Cette croisière de Moscou à Saint-Pétersbourg est proposée par la compagnie alsacienne CroisiEurope spécialisée dans les croisières fluviales. Les bateaux de la compagnie sont à taille humaine avec une centaine de cabines seulement.

 L'encadrement est sans faille. Ces croisières ont surtout vocation de faire découvrir un pays ou une région à travers ses trésors culturels, d'où un programme de visite très dense.

La croisière en Russie ne se fait pas sur les bateaux de CroisiEurope mais sur des navires russes. Le standing n'est donc pas le même : pas d'ascenseur, cabines au confort un peu spartiate mais avec toutes les commodités.

Héritage du passé, la vie à bord est strictement réglementée. On ne plaisante pas avec les horaires des repas et des animations ! Le directeur de la croisière est français, les guides et animateurs sont francophones. Mais pas (encore) les serveuses. L'organisation des excursions est parfaite. Point de casino à bord mais des conférences sur l'histoire de la Russie, des concerts de musique folklorique russe et classique, des cours de chants et de langue russes...

En savoir plus sur www.croisieurope.com