Troyes - Au coeur du bouchon

Que fait-on à Troyes ? On y sonne disent les Troyens. Il suffit de se balader au centre-ville un dimanche matin pour comprendre le dicton. Surnommée jadis la ville aux 100 clochers, la capitale de l’Aube se parcourt comme un magnifique livre d’histoire aux pages pétillantes.

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S’il y a une ville qui mérite de porter le label Ville d’art et d’histoire, c’est bien Troyes, capitale historique de la Champagne. Mais pour découvrir son exceptionnel patrimoine architectural, il faut pousser plus loin que les, certes incontournables, magasins d’usine et aller au cœur de la cité auboise.

Petit clin d’œil aux vignobles tout proches, la forme du centre historique ressemble à un… bouchon de champagne ! On ne se privera d’ailleurs pas, à l’heure de l’apéritif, de goûter ces divines bulles provenant de nombreuses caves maisons de champagne de la Côte des Bars.
Au fil des siècles, les Troyens ont eu chaud. Très chaud même. Plusieurs incendies ont détruit habitations et édifices historiques.

Reconstruits à plusieurs reprises, ces bâtiments ont failli disparaître définitivement cédant la place à des constructions plus fonctionnelles. Heureusement qu’il y a eu un sursaut de conscience et la première maison à pans de bois est rénovée en 1963.

Au fil des décennies, le cœur historique de Troyes est devenu un petit bijou, fait de maisons à pans de bois datant du Moyen-âge et de la Renaissance. Pas moins que dix églises (d’où le dicton) invitent à un voyage à travers les styles, du gothique au
XXe siècle.
Les quelques constructions neuves ont été bâties en respectant le style des vieilles maisons à pans de bois.

La ruelle des chats

On ne se lasse pas de parcourir les ruelles pavées, de jeter un regard dans des cours cachées, de visiter l’une ou l’autre des églises.

La balade passe devant la Maison du boulanger, la tourelle de l’orfèvre, la ruelle des chats où les maisons penchent tant que leurs toits se touchent presque…
C’est une plongée dans le Moyen-âge même si, chronologiquement, il ne reste plus qu’une seule maison de cette époque. Toutes les autres datent du XVIe siècle. Des couleurs vives rehaussent les boiseries sombres aux poutres sculptées. Quelques rares façades, affichent le « damier champenois ». Elles sont faites de pierres et de briques, signes extérieurs de richesse.

Des petits jardins médiévaux égayent la ville avec des plantes soigneusement choisies : à côté de l’église sainte Madeleine, il est composé de fleurs blanches afin de rappeler l’ancien cimetière avec ses tombes d’enfants. L’église sainte Madeleine est d’ailleurs incontournable.

Datant de 1180 elle est, certes, la plus ancienne de la ville, mais elle abrite surtout un merveilleux jubé (édifice de pierre ou de bois construit entre le chœur et la nef de l’église). Ce chef-d’œuvre de l’Art flamboyant, est la pièce maîtresse d’un maître-maçon de la paroisse, Jean Gailde. Il lui aura fallu 9 ans pour sculpter et ciseler le jubé dans un seul et immense bloc de pierre.
Si le cœur historique de Troyes ressemble à un livre d’images ancien, ce n’est pas pour autant un musée ! Bien au contraire. La vie pulse et pétille dans les nombreux restaurants et cafés, les bistrots branchés, les petites boutiques.

Même les magasins franchisés développent un charme fou en occupant des magnifiques demeures anciennes dans la rue Émile Zola, la grande artère commerciale.
Petit conseil : avant de vous perdre dans le dédale des ruelles au gré de vos envies, faites un petit tour à l’Office de Tourisme. Avec un peu de chance, vous pourrez y voir une vidéo retraçant de façon ludique les 20 siècles d’histoire de Troyes qui débute avec la tribu gauloise des Tricasses.

Troyes est une vitrine ouverte sur les métiers manuels en général, le vitrail en particulier.

Si l’Aube possède plus de 10 000 m² de vitraux du Moyen-âge et la Renaissance, Troyes en affiche une belle part.

Cette incroyable collection se découvre dans ses nombreuses églises. Par quel miracle ont-ils survécu aux troubles et guerres ? Mystère.
Pour comprendre ces « bandes dessinées » de la religion, une petite visite dans la petite cité du Vitrail s’impose. Installée depuis trois ans dans l’Hôtel-Dieu, on y apprend tout sur la production de ces baies colorées, le sens de la lecture des images, les différentes teintes.
Si l’espace est petit, il accueille régulièrement des vitraux rares, comme, actuellement, les «Triomphes de Pétrarque» datant de 1502. C’est surtout une excellente occasion d’admirer de près la finesse du travail, l’élégance du trait de pinceau du maître verrier qui est autant artiste peintre que verrier. Pour découvrir quelques-uns des plus vitraux au cœur de la ville, un petit dépliant est disponible.

À la gloire des hommes et des métiers

Parmi les musées troyens, la Maison de l’Outil et de la Pensée ouvrière est une étape incontournable.

Dans un magnifique hôtel particulier de 1524, les compagnons du devoir ont créé une véritable vitrine ouverte sur les métiers d’hier et de demain grâce à la fabuleuse collection du prêtre jésuite Paul Feller. Plus de 10 000 outils de façonnage à main sont présentés dans une soixantaine de vitrines. Derrière la mise en scène, on ressent la vie et toute la passion des hommes pour leur métier. En regardant de près, on découvre l’un ou l’autre manche marqué par la main de l’homme qui l’utilisait.

La Maison de l’Outil et de la Pensée ouvrière sert aussi de centre de compagnonnage et de centre de ressources (la bibliothèque peut se visiter sur demande).
Car cette « maison » ne se veut pas être un musée, ni un simple conservatoire. Pour Paul Feller, ce lieu doit agir comme un révélateur. Il disait : « L’homme de métier est un homme libre. Libre parce qu’il est détaché des apparences et de l’œuvre qu’il réalise, qu’il rend réelle. »
Pour ce prêtre au parcours exceptionnel, le travail manuel, grâce à l’outil, valorise la matière mais surtout l’homme de métier. Il allait jusqu’à proposer à la jeunesse l’apprentissage d’un métier comme « initiation » permettant l’accès véritable aux valeurs universelles. Un apprentissage qui doit permettre à chacun, d’arriver à la connaissance de soi.

Un brin ésotérique ? Peut-être. Mais en allant d’une salle à l’autre, en prenant le temps pour découvrir les multiples outils dont on ne connaît même pas le nom, on en peut s’empêcher de ressentir une certaine sérénité solennelle.

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INFOS PRATIQUES

Office du tourisme de Troyes

La Maison de l'Outil et de la Pensée Ouvrière
Mopo3.com

La cité du vitrail
Cité du vitrail

Bonnes Adresses

Les restaurants, bistrots et cafés sympas ne manquent pas à Troyes. Ni les pâtissiers et autres chocolatiers. Nous en avons choisi deux qui se trouvent dans - l’incontournable – ruelle des chats.


Chez Félix
pour sa cuisine ouverte et son cadre nostalgique un brin kitsch.
Carte restreinte mais produits locaux.
(tél. 03 10 94 03 03).


La mignardise
pour sa cuisine gastronomique, la finesse des plats et un très bon rapport qualité-prix.
(tél, 03 25 73 15 30)