Fastnacht (3) - Rottweil et le saut des fous

Mieux vaut se lever tôt pour espérer s'assurer une bonne place avant ce drôle de « saut ». De toute façon, la nuit est courte, très courte dans notre petit hôtel : dès 5h, la fanfare de la garde sillonne les rues. Et au plus tard à 6h, votre aubergiste passe dans les couloirs avec ses cloches de carnaval....

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Alors direction le centre-ville et sa porte noire. Au 8e coup de l'horloge, les cavaliers et la fanfare municipale ouvrent la voie aux fous qui jaillissent par milliers par la porte pour se déverser dans les rues dans un tintamarre parfois assourdissant.

 

6000 porteurs de masques défilent, sautillent, font des sauts périlleux, taquinent les filles avec des queues de vache. Mais ils distribuent aussi bretzels, mandarines, bonbons et mignonnettes d'eau-de-vie.

 

C'est un spectacle ahurissant de voir des milliers de carnavaliers qui se ressemblent tous à première vue. Mais à regarder de plus près, on distingue quelques différences qui ont toutes leur importance. Surtout à Rottweil où la fastnacht est prise très au sérieux par la guilde, encore plus qu'ailleurs : seul ceux qui habitent depuis plus de 10 ans à Rottweil ont le droit d'enfiler un des costumes traditionnels qui ne doivent d'ailleurs jamais quitter la ville.

 

Pendant deux bonnes heures, ce déferlement continue sans relâche. Les « Federhannes », reconnaissables aux plumes cousues sur leur costume, effectuent des sauts à l'aide de leur perche.

 

les « Gschell » sautillent pour faire tinter les lourdes cloches dont ils sont bardés ...

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Quelques drôles de personnages se glissent dans ce cortège interminable : le « Guller », un drôle de coq, ou encore le « Rössle », pauvre cheval mené par des garçons d'écurie sans pitié....