Kaysersberg - Le nouveau look du 64

Voici un restaurant gastronomique qui affiche résolument la couleur : Celle d’un lieu dédié aux plaisirs des papilles mais aussi des yeux. Olivier Nasti a osé.

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Meilleur ouvrier de France, deux étoiles au guide Michelin. A Kaysersberg, le restaurant gastronomique 64° d’Olivier Nasti attire les gourmets. Le chef (élu dans le top des 100 meilleurs chefs au monde) aurait pu s’en contenter mais comme son restaurant – et l’hôtel dans lequel il se trouve- c’est un peu sa seconde maison, il avait envie d’en changer le cadre. Fini le noir solennel, place à la couleur. « Un jour, j’en avais marre de toutes ces teintes sombres !  Je voulais une salle dont le client se souvient. Un plat peut être sublimé – ou détruit ! -par le service mais aussi par le cadre » 

Pour entamer la métamorphose de son établissement, il s’assure la complicité d’une amie, Myriam, qui adore décorer ses propres maisons. « J’ai vu ce qu’elle a fait dans ses demeures et elle a accepté de m’aider. Je lui ai laissé carte blanche ». Avec, peut-être, un tout petit peu d’inquiétude tout de même dans la confiance : « En arrivant un matin, les poutres du plafond étaient peintes couleur or…. », se souvient-il en souriant.

Des vagues couleurs parme

Ce n’était que le début. En poussant les portes du 64°, on ne peut que marquer un temps d’arrêt tant le cadre est insolite. Si l’or sait se faire discret, le vert et le parme sautent aux yeux.

Difficile de dire ce qui surprend le plus : les couleurs ou ces grandes vagues qui donnent une envie irrésistible de s’y lover !

 « Olivier Nasti rêvait de mer, de vagues. Mais pas question de couleur bleu et de mouettes ! Alors nous avons composé en imaginant ces banquettes qui forment comme des grandes vagues mais en parme, bien plus élégant que le bleu, » estime Myriam. « Quant au vert, c’est la couleur de l’espérance et il s’harmonise très bien avec le parme. » Quelques belles touches d’or apportent les nécessaires accents d’élégance et de luxe. 

Le mouvement fluide des banquettes a été dessiné directement sur les murs et construite sur mesure sur place. Pour calmer cette opulence visuelle, le dos et l’assise n’ont pas été matelassés mais travaillés en lisse.

L’écrin des étoiles

L’effet « wouah » provoqué par le nouvel aménagement du restaurant ravit Myriam qui se dit inspirée par « la cuisine du chef. Ses plats étaient comme des bijoux qui n’avaient pas d’écrin ! La deuxième étoile avait besoin d’un environnement en harmonie avec l’inspiration culinaire du chef. Olivier Nasti nous fait voyager avec sa cuisine inventive, surprenante et savoureuse, mais le cadre n’en recelait rien. Il manquait sa touche personnelle. »

Créer une salle « différente » dans une maison alsacienne n’était pas tout aisé. Il fallait abattre un mur pour aérer l’espace, trouver une solution pour l’énorme conduit de climatisation au plafond. Impossible à camoufler, il devient élément de décoration : revêtu d’or, il apporte de l’élégance au plafond parme.

L’or est omniprésent. Les fauteuils Cassina ont été revêtus de cuir or. Dans les chutes ont été taillés des chemins de table qui mettent en valeur les tables revêtues de corian, un matériau qui se travaille comme le bois mais a la robustesse du marbre et la douceur du satin.

L’élégance de la table

Dans un décor pareil, à la fois opulent et épuré, les lourds nappages n’avaient plus leur place. Ni l’argenterie classique. Le corian ne craignant pas les tâches, Olivier Nasti a également renoncé à l’emploi de sets de table. La nouvelle vaisselle est posée directement sur la table. Les arts de la table faisant partie des passions du chef, le relooking du restaurant passait tout naturellement aussi par les couverts (couleur or), les assiettes (décorées de reproduction de photographies de légumes) et la verrerie (en cristal Baccarat). « Je souhaite sublimer la table sans la rendre classique », affirme Olivier Nasti. « Sortir de ce lourd protocole de la table. Il y aura d’ailleurs encore quelques surprises à venir ! »

Mais il restait une dernière touche à apporter pour parfaire la métamorphose : la tenue vestimentaire du personnel. « Impensable de garder les vêtements stricts en noir et blanc, estime Patricia Nasti, l’épouse du chef. Et de choisir des robes dans les tons orangés – mais à la coupe classique - pour apporter un peu de fraîcheur. « Nous n’imaginions pas apporter autant de vie et d’enthousiasme ! On sent plus de joie dans le travail. Les filles se sentent plus belles et ont donc plus d’assurance. Il y a une réelle dynamique qui s’est créée, » se réjouit-elle.

Un hôtel haut en couleurs

Cette débauche de couleurs a d’ailleurs largement rejailli du restaurant gastronomique dans le hall de l’hôtel, ses couloirs, son spa et sa piscine. Dans le hall, un orange lumineux contraste avec le parme qui monte vers les chambres. Partout, c’est une débauche de teintes lumineuses. Selon Myriam, Olivier Nasti (dont la maison privée est tout en blanc !) a des « couleurs plein la tête. Mais ce petit grain de folie sait rester sage en se limitant à trois couleurs. C’est comme un rêve d’enfant qu’il est en train de réaliser. Toujours avec l’aval de son frère Emmanuel, architecte. »

Depuis l’acquisition de cette magnifique demeure du 18e siècle par la famille Nasti en 2000, l’établissement a vécu une profonde métamorphose tout en gardant son âme. 

L’hôtel vient d’ailleurs intégrer la famille sélecte des Relais & Châteaux et a décroché sa 5ème étoile.

Olivier Nasti s’éclate dans ce décor qui est un peu le reflet de sa cuisine. Et surtout, il est fier de sa belle maison et du chemin qu’il parcourt avec toute son équipe.

 

Hôtel-Restaurant Le Chambard
9-13 Rue du Général de Gaulle
68240 Kaysersberg
Tél. :03 89 47 10 17
www.lechambard.fr