La saison du pissenlit.

Il y en a qui leur font la chasse, lui les sème. Vincent Stempfler est un des rares agriculteurs dans le Sundgau à cultiver le pissenlit appelé aussi, plus poétiquement, dent-de-lion. De quoi déguster des délicieuses salades bourrées de vitamines. Mais la saison est courte !

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Voilà cinq ans que Vincent Stempfler et son épouse Laurence se sont lancés dans la culture du pissenlit. « Il fallait se diversifier encore pour que la ferme reste viable, explique l’agriculteur qui cultive, en plus des céréales classiques, des pommes de terre, des carottes, des oignons, des cucurbitacées et des fleurs en cueillette libre.
Comme il est difficile d’acquérir plus de terrains agricoles, il fallait bien trouver une idée pour continuer à faire vivre la ferme familiale, exploitée avant lui par son père, son grand-père.

 

L’idée, les Stempfler la trouvent auprès d’un collègue à Wolfgantzen qui cultivait des pissenlits. Tout en veillant à la rotation des cultures dans ses champs, Vincent Stempfler réserve 1 hectare à la culture de cette plante aux multiples vertus. « On aime, ou on n’aime pas, rit Vincent qui avoue ne pas en avoir mangé avant. Depuis que nous le cultivons nous-même, j’en mange tous les jours ! » En mai, les graines sont mises en terre. Une tous les 5,5 cm, c’est précis ! 300 g de semences suffisent pour un hectare. Au cours de l’année, il faut plusieurs passages pour biner : pour enlever les mauvaises herbes, aérer le sol. « En automne, je passe avec le tracteur pour couper et broyer toute la touffe verte qui aura poussé. » Cet engrais vert enrichit la terre et fait le bonheur des vers de terre et autres insectes. Résultat : un sol bien  aéré. « Nous travaillons en agriculture raisonnée, dans le respect de l’environnement. »

En hiver, il faut butter les rangées, un peu comme pour les asperges. « Cela évite le goût amer des feuilles. » Selon les conditions météorologiques, des pluies aux bons moments, des températures clémentes, les feuilles percent généralement en mars. « Tout dépend de Dame Nature et nous acceptons ce qu’elle veut bien nous donner, dit avec beaucoup de philosophie Vincent Stempfler. « La récolte peut varier de 500 à 1000 kg… »Au moment de la récolte, il passe avec son tracteur pour casser les buttes et soulever les touffes. « Après il faut les couper à la main. »

De retour à la ferme, toute la famille épaulée par quelques saisonniers, gratte la terre des racines, coupe les bouquets de feuilles qui sont mis en vente sur place.

Et comme dans le pissenlit tout est bon, les racines sont ensuite soigneusement nettoyées et mises à sécher pendant plusieurs mois . « Après, nous les broyons, c’est excellent pour faire des tisanes. Personnellement je n'aime pas trop le goût, rigole Vincent Stempfler."

Alors je les laisse infuser dans une verveine ou une autre tisane, car c’est vraiment bon pour la santé ! »
Cette année, les dents-de-lion ont pointé avec trois semaines d’avance. « Nous avons débuté la récolte le 20 février, je pense qu’il y en a encore pour une dizaine de jours ».

INFOS

Ferme Stempfler, 69 rue de Galfingue, 68720 Spechbach-le-Haut
Tel : 03 89 07 50 36